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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement

La crise post-électorale en Côte d’Ivoire et son impétueux bilan en pertes humaines (3248 morts), désormais rangé au compte d’un sombre passé que ne souhaiterait voir rebondir même le plus belliqueux des Ivoiriens, a malencontreusement donné naissance à l’endeuillant phénomène des microbes en Abidjan.

Initialement circonscrites à quelques sous-quartiers de la commune d’Abobo au nord d’Abidjan, les exactions des microbes se dénombrent à présent par dizaines à l’échelle des communes de la capitale économique, incluant même les zones les plus huppés de la somptueuse commune de Cocody. Il faut croire que les proportions que prennent le phénomène ne sont plus à prendre à la légère.

Ce sont des jeunes gens et quelque fois des enfants, s’inscrivant dans une tranche d’âge allant de 8 à 25 ans qui, animés par on ne sait quels esprits ni quelles motivations, alimentent à des degrés extrêmes la capitale d’une violence qu’on est forcé reconnaître aux périodes de crise traversées.

En d’autres termes, les crises politico-militaire (2002) et plus tard post-électorales (de 2010 à 2011) qu’ont connu le pays, ont aussi bien alimenté la psychose des plus jeunes de toutes sortes de violence, que la divulgation d’armes ne leur ont fourni les moyens nécessaires aux pratiques subversives.

Ainsi, pour contenir et surtout réprimer les multiples agressions des microbes et autres criminels dans le courant des vacances scolaires en Côte d’Ivoire, les forces de l’ordre s’engageaient mi-juillet à une opération de sécurisation de la ville d’Abidjan, dénommée « Opération vacances sécurisées ».

« On ne sait cependant à quel point elle aurait porté »

L’assassinat d’un agent de police par des microbes

La nuit du 31 Août, alors qu’il rentrait de service, le sergent de police, Koffi Yao Esai est assassiné par des microbes dans les environs du quartier sable de la commune de Yopougon. Oups, c’est la goûte d’eau qui fait déborder le vase. Pendant les jours suivant, les policiers se déchaînent et confondent les habitants de cette partie de la commune qui ont eu le malheur d’être au mauvais endroit, au mauvais moment.

 

L’accalmie hélas, n’est point au rendez-vous les jours suivant. On pourrait croire au regard d’une telle invasion que nos forces de l’ordre n’attendaient que le moment où un tel drame se produirait dans leur rang. Quoi qu’il en soit, ces jours-ci sont richement parés de tumultes et de razzia, profitables à une population qui ne demande que la quiétude et la sécurité.

Mais visiblement, les actions entreprises par les forces de l’ordre pour mater les microbes, semblent ne pas avoir comblé les attentes des populations qui de plus en plus se passent à travers les quartiers des différentes communes d’Abidjan, le mot d’ordre d’un projet partagé d’autodéfense.

 

 

Quand les populations prennent en main leur sécurité

Gnamaka Dogbo Eric, président du Forum de la Société civile Africaine (FSA), le 10 Septembre, à l’issu d’un appel aux autorités ivoiriennes visant à obtenir d’eux, une solution à la plaie que constitue le phénomène des microbes, plantait déjà le décor qui résulterait de l’incompétence de la police.

« Nous allons nous transformer en javel pour tuer… » déclarait-il. Évoquant toutefois une éventualité qui prendrait effet au cas où l’action régalienne de la force publique n’aurait l’effet escompté, c’est à dire celui d’en finir une fois pour toute avec la gangrène que représente cet odieux phénomène des microbes.