Les nouveaux modes de travail à l’ère du digital

Article : Les nouveaux modes de travail à l’ère du digital
8 novembre 2019

Les nouveaux modes de travail à l’ère du digital

Cet article sur « les nouveaux modes de travail » est le fruit d’une collaboration entre deux passionnés de la communication et du marketing digital. Luc Kouade (auteur du blog Ivoire Intellect) et Hussein Fakih, CEO de l’agence digitale Hashtag. Une agence spécialisée dans la création graphique et le social media marketing. Bonne lecture !

Lorsqu’en 2006, Timothy Ferriss publiait son best seller « La semaine de 4h« , il était sûrement loin de s’imaginer qu’il venait d’avoir une vision du futur. Il y a une dizaine d’année, aucun actif africain, et notamment ivoirien, n’aurait parié avoir le nez dans un écran pendant au moins 10 heures chaque jour. Mais, le monde évolue. Le numérique s’est emparé des attentions et de nouveaux modes de travail ont émergé depuis lors.

L’idée du travailleur qui se lève tôt le matin pour rentrer tard le soir n’a pas (encore) disparu des habitudes et la routine n’est pas prête de changer. Les travailleurs ont encore de longues heures d’embouteillages à supporter avant que vienne l’ère où ils seront enfin jugés au rendement et non pour le temps passé au bureau.

Cependant, ce temps est arrivé pour le travailleur 2.0. Il faut lui concéder les attributs “digital”, “nomade”, “connecté”, “flexible”, “dynamique”, etc. Un monde nouveau. Un monde né de la convergence d’internet et des outils numériques (téléphone, ordinateurs, tablettes, etc.). Une nouvelle sphère avec des habitudes nouvelles et de nouveaux outils de travail.

Comment fonctionnent les nouveaux modes de travail initiés par le digital ?

Avant d’expliquer le fonctionnement de ces paradigmes nouveaux de travail, il faut observer que l’explosion du numérique a créé de nouvelles professions. À commencer par celles liées à la communication et aux sciences de l’information. De même, telle une averse, l’innovation numérique a emporté certains métiers et suscité les mutations de plusieurs autres.

Pour revenir aux modes de travail, notons que la transformation digitale et son corollaire de dématérialisation, y a joué un rôle capital. Désormais, un ordinateur, un téléphone portable et un accès à internet ouvrent à n’importe qui, les portes du monde et de tous les possibles. un monde où les origines, le cercle social, les diplômes, les relations… ont de moins en moins d’importance. Le nouvel Eldorado. Le nouveau monde inconnu.

Pour le travailleur, toutes les habitudes sont remises en question. Les bureaux se transforment en tiers-lieux professionnels, louables à l’heure. Les costumes laissent place aux ensembles t-shirt, caleçon et tongue. Les pauses n’ont de limites que ce que le travailleur lui-même décide. Développons…

Les tiers-lieux professionnels : le nouveau bureau

Les tiers-lieux sont des cadres de travail créés parfois par des entreprises, pour servir de bureaux à certains de leurs travailleurs (free-lance, service client…). Ce sont également des espaces (connectés) de co-working, ouverts au public pour servir de cadre professionnel aux travailleurs nomades.

La flexibilité des coûts et la convivialité des tiers-lieux, conduisent certaines PME (petites et moyennes entreprises) à s’y installer. C’est également une aubaine pour les travailleurs free-lance en quête de tranquillité et d’un cadre pour exercer. À ce jour, la Côte d’Ivoire compte plusieurs de ces “nouveaux bureaux” (O’village , Jokkolabs, Yop-Crealab, Le Phare coworking, Graisen Group, etc.).

Le travail à domicile 

Travailler chez soi, en toute indépendance… J’avoue que l’idée m’est apparue superbe au premier abord. Définir son temps de travail, exécuter des tâches en toute autonomie, prendre une pause au besoin… il faut admettre que l’idée est séduisante. Je dirais même amusante.

Les startupers, les consultants, les freelance et certains employés d’entreprises bien implantées pratiquent ce mode de travail. Relaxant pour certains et (bizarrement) stressant pour d’autres. De fait, le télétravail qu’impose le concept du travail à domicile n’est pas ancré aux habitudes par ici. Parlons-en d’ailleurs.

Le télétravail en Côte d’Ivoire : c’est pour quand ?

Si vous vous posez cette question, c’est bien que l’idée de travailler depuis votre salon et aux heures que vous vous aurez imposées vous aura séduite. Si dans le principe, le télétravail est tout à fait possible dès maintenant, dans la pratique, cela pourrait s’avérer un peu plus compliqué que prévu.

Les raisons techniques

La principale limitation est d’ordre technique. En ce XXIe siècle, l’Afrique de l’ouest reste à la traîne. À peine 30% de la population ivoirienne a accès à internet (ce qui est affreusement ridicule pour un pays qui veut faire partie d’un marathon où chaque acteur est déjà suréquipé).

Coupures fréquentes. Débit instable. Coûts exorbitants. Tous les ingrédients sont là pour que la sauce “retard” soit prête à déguster.

Les raisons humaines

Psychologiquement, il est difficile pour l’employé de justifier le passage au télétravail qui s’apparenterait à un travail en free-lance. Tim Ferris explique d’ailleurs, avec un certain humour, comment il a réussi à convaincre ses propres employeurs d’adhérer à ce concept.

En Afrique, plus particulièrement en Côte d’Ivoire, nos chers patrons sont (à mon humble avis, Hussein) encore très loin de l’ouverture d’esprit nécessaire pour accepter une telle logique d’entreprise. 

C’est un fait. Cependant, à l’image de toutes les innovations qui ont émergé à la faveur du digital, il faut bien admettre que les nouveaux modes de travail ont des hauts et des bas.

Les limites des nouveaux modes de travail

Comme pour toute innovation, il faut bien admettre que la flexibilité des modes de travail nés du digital, n’est pas la seule facette de la pièce. Ces nouveaux modes ont des limites qu’il faut évoquer afin que tout intéressé en soit averti.

La mise en péril des données personnelles et professionnelles

La sécurité des données personnelles et professionnelles, demeure une problématique majeure en cette ère de la société de l’information. Les entreprises utilisent des solutions informatiques (serveurs dédiés et cloud) pour préserver la confidentialité de leurs données. Sans oublier que chaque employé est tenu d’honorer un contrat de confidentialité.

La flexibilité et la liberté du travailleur dans ce cas, peut constituer un risque éventuel à la diffusion frauduleuse, au piratage ou même à une divulgation des informations à des tiers. À moins d’avoir une solution fiable pour protéger vos données et vous assurer qu’elles restent dans un cercle fermé, les nouveaux modes de travail ne vous concernent pas. Du moins, pour le moment…

L’auto-formation 

Cela peut surprendre, mais l’auto-formation représente à mon avis [Luc], une limite au concept de travail à distance. Pour les professionnels expérimentés, travailler à distance est assurément une aubaine. Mais les jeunes diplômés, sans expériences, peuvent s’y sentir très mal.

Dans ce mode de travail, le seul ami en cas de besoin, c’est Google. Quand bien même un manager serait en charge d’encadrer votre travail, la distance représente un obstacle à l’apprentissage pratique des débutants et même des juniors.

La disparition progressive des relations humaines

Je pense que c’est l’une des problématiques auxquelles devront faire face les directions des ressources humaines dans un futur proche. Des collègues de travail qui ne se voient presque pas. Des collaborateurs qui n’ont que la réalisation de projets en partage. Les liens d’affinité qui renforcent la confiance et l’estime, disparaissent.

S’il faut parler des limites de ce système, les avis seront certes variés, mais contrariés tout de même. Pour certains (comme moi [Luc]), le digital et ses nouveaux paradigmes ont apporté beaucoup à notre monde. Plus même qu’ils n’en retranchent. Après, chacun ses impressions.

Quelles sont les vôtres à propos ? Nous sommes bien curieux de les connaître.

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