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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement

On ne le dira jamais assez, le numérique a révolutionné significativement notre monde au regard des évolutions et du cycle de modernité dans lequel il a plongé la galaxie entière. Il y a à peine deux décennies plutôt, les courriers  de la poste, les téléphones fixes (pas très en vogue à l’époque) et les télégrammes, représentèrent l’essentiel des moyens individuels de communication à distance en Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, il faut bien admettre que ces moyens ne sont plus que des reliques d’archaïsmes en matière de communication. Désormais, le téléphone mobile confère au paysage communicationnel un modernisme sans précédent.

Un modernisme imposé par la transition numérique

La transition numérique et son corollaire d’innovations ont donné lieu à une amélioration des conditions de vie. Ainsi, l’intégration du numérique dans les routines de l’activité humaine a suscité à celle-ci une facilité d’action.

C’est dans ce contexte que les activités commerciales comme bien d’autres activités ont subi des mutations profondes à travers une tendance innovante, l’e_commerce ou commerce électronique. Dorénavant, les articles de nos centres commerciaux se vendront via des interfaces digitales (sites internet) sans toutefois que les clients aient à bouger le petit doigt.

Dans les pays occidentaux, le développement du commerce électronique doit une fière chandelle aux banques et aux systèmes électroniques de paiement (PayPalBitcoin, etc.), réputés pour leur sécurité. Cependant, en Côte d’Ivoire, la vulgarisation du commerce en ligne revêt un tout autre aspect avec toutefois un enthousiasme similaire des populations occidentales et ivoiriennes, à l’adoption du e_commerce.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les taux d’abonnement au mobile (126,01 % — IDI 2017) et à l’internet (22,65 % — IDI 2017), ont été de mise dans le développement du commerce en ligne.

L’e_commerce en Côte d’Ivoire

Les précurseurs de cette nouvelle tendance commerciale en Côte d’Ivoire sont JUMIA CI (filiale de l’allemand ROCKET INTERNET) en 2012, et CDISCOUNT (2014) rattaché au groupe français CASINO.

À ce jour, le leader du commerce en ligne en Côte d’Ivoire demeure incontestablement la filiale allemande (JUMIA CI) qui à la différence de certains concurrents, s’est lancée dans une entreprise visant à promouvoir les articles de commerçants trouvés sur place.

>>>Lire aussi  Top 10 sites e_commerces en Côte d’Ivoire pour faire des bonnes affaires

Il faut dire que la divergence des stratégies marketing et la rapidité des services de livraison ont valu à JUMIA CI, la confiance d’une frange majoritaire des 5 135 000 internautes ivoiriens.

Si donc l’appropriation du e_commerce par les internautes ivoiriens laisse entrevoir une importance particulière, l’adoption du mobile money par les populations en est imputable pour une part considérable.

Le Mobile Money

Cheick Oumar Guira disait à propos « L’e_commerce, c’est le nouvel eldorado des affaires, et son développement devra passer par le mobile banking »

Le système qu’offre le mobile money se trouve être imprégné d’une souplesse qui tend à intégrer les classes sociales les plus pauvres, incapables de se procurer des comptes bancaires, du fait  des coûts et modalités de gestion inabordables de ceux-ci. En effet, le mobile money contrairement aux banques cumule à son actif les possibilités :

  • D’ouverture gratuite de comptes pour les abonnés ayant atteint la majorité d’âges ;
  • D’opérations (épargne et  débit) libres moyennant des commissions plutôt tendres et abordables ;
  • De transactions financières libres entre abonnés d’un même opérateur mobile ou même d’abonnés de différents opérateurs ;
  • D’acheter ou de vendre en ligne, tel que possible avec les systèmes d’e-banking, etc.

Aujourd’hui, pour faire des achats en Côte d’Ivoire, pas besoin de se déplacer. Un compte mobile money suffit pour s’approvisionner et payer pour des prestations diverses (courses en taxi ; pièces administratives ; frais de concours ; plomberie, etc.).

Toutefois, le mode de paiement lors d’opérations commerciales en ligne, incombe aux clients qui ont le choix entre le mobile money (prisé et populaire) ; le paiement espèce (conseillé pour les échanges de moindres coûts) et les prélèvements bancaires (réputés plus sécurisés, mais inabordables pour les pauvres).

Ce qu’il faut retenir

Notons qu’en matière d’échanges commerciaux, les populations ivoiriennes n’ont pas à envier l’occident qui vit pleinement l’ère numérique, en raison de l’inclusion du e-commerce et de la facilité que confèrent les systèmes de paiement mobile pour les échanges. D’après l’autorité de régulation des télécommunications en Côte d’Ivoire, les transactions via mobile money s’élèvent par jour à 11 milliards de Fcfa.

Cependant, la souplesse du mobile money revêt des dysfonctionnements notoires, pouvant mettre en danger les biens des abonnés du système de paiement mobile. La recrudescence des actes de cybercriminalité en Côte d’Ivoire, constitue une menace qui suscite chez les abonnés au mobile, un sentiment d’insécurité, justifié.

>>>Voir aussi Côte d’Ivoire : lutte contre la cybercriminalité, le rôle participatif des internautes

Selon les opérateurs mobiles, ces infractions seraient l’action de cybercriminels. De l’autre côté, certains abonnés tiennent pour responsables, des tenanciers d’agences mobile money de proximité, à la crédibilité incertaine.

En fin de compte, retenons que l’e-commerce en Côte d’Ivoire, sans les moyens de paiement mobile, n’aurait été qu’une initiative de plus, destinée à servir des intérêts élitistes. Son développement dans ce cas aurait très certainement croisé maints déboires.

Bienheureusement, cette éventualité est exclue. Cependant, la cybercriminalité qui depuis quelques années s’est porté garant de jeter sur la Côte d’Ivoire un discrédit d’ignominie et de corruption tend à décourager les populations ivoiriennes, enthousiastes à l’appropriation du e-commerce et du mobile money.

Tant que des mesures beaucoup plus contraignantes ne seront engagées, les cyberdélinquants trouveront en chaque innovation de l’ère numérique le lieu d’accroître leurs chiffres d’affaires.