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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement

Ces dernières années, le milieu urbain en Côte d’Ivoire est affligé de maux dont le plus inquiétant à ce jour demeure celui des microbes ou encore « enfants en conflit avec la loi ». Dernièrement, la ville d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire s’est faite contre son gré, hôte de ce phénomène de violences citadines dont les principaux acteurs sont des enfants inscrit dans la tranche d’âge de 9 à 17 ans.

Inutile à mon sens de rappeler leurs exactions, car l’ensemble de la société ivoirienne en est imprégné. J’en dis même que le phénomène, par la force des médias est su aujourd’hui du monde, à tel enseigne que certains pessimistes identifient la jeunesse ivoirienne à cette frange complètement en déphasage avec la vision nationale.

Plaignant l’insuffisance des mesures étatiques destinées à contenir le phénomène et l’endiguer, les populations de certains quartiers d’Abidjan se sont engagées à l’autodéfense, et se rendent désormais justice. Un fait déplorable mais tout de même compréhensible de la part de personnes qui se sentent en insécurité.

Ceci dit, les actes déprédatifs des enfants dit « microbes » n’auraient donc plus de valeurs criminelles que ceux commis par ces gens qui ne le sont pas. Car, en se substituant à la police et autres services de défense et de sécurité pour commettre des actes dignes de criminels, on ne vaut pas mieux qu’un criminel. La violence est donc dans la société ivoirienne.

Pour y remédier et particulièrement remédier au phénomène des « microbes », plusieurs pistes sont à exploiter et c’est bien ce que je compte faire dans ce billet. Serrez bien vos ceintures, on décolle!

Les statistiques gouvernementales ont révélé dernièrement lors d’une émission télévisée traitant du phénomène que plus de 8000 enfants sont actifs de cette déplorable entreprise de violence.

En épluchant les causes de leur conversion criminelle, il faut noter

  • Les frustrations sociales dues à la pauvreté
  • La précarité des conditions de vie dans les quartiers populaires
  • La mauvaise éducation familiale
  • Le faible niveau d’éducation scolaire (pour de plus de 70% d’entre eux)
  • la présence permanente de la violence (verbale ; physique ; etc.) dans notre société, etc.

Toutefois, la promiscuité des foyers de consommation de drogue (fumoirs), l’influence négative d’ainés sociaux et surtout les crises politiques qu’a connues le pays ont contribué significativement à instaurer ce climat de violence dont souffrent aujourd’hui les populations urbaines, notamment celles d’Abidjan.

Pour espérer trouver des solutions promptes au problème des « microbes », une analyse large des causes identifiées plus haut est donc nécessaire.

Tenons le problème des « microbes » à sa racine pour en découdre !

Certains membres de la société ivoirienne ne seraient certainement pas d’avis avec mon procédé. Mais je voudrais, à la manière d’un médecin, diagnostiquer et prescrire un remède curatif à la maladie que d’identifier les symptômes et les solutionner dispersement.

Depuis toujours, les problèmes liés à la pauvreté et aux conditions pénibles de vie dans les quartiers populaires et précaires d’Abidjan existent. Et si, comme certains le disent, ces conditions de vie n’ont suscité auparavant des crises à la mesure du phénomène des « microbes », il faut comprendre que les frustrations engrangées ont fini par submerger. A tort ou à raison, le crime a toujours une origine.

A présent, l’alternative devrait à mon avis résider dans la restructuration des quartiers de la ville d’Abidjan. Il faudrait donc essayer le plus possible d’équilibrer les chances en donnant aux populations de ces quartiers de jouir également d’infrastructures saines et appropriées.

Réduire le coût de la vie sinon des biens de consommation serait dans cette veine un bon début pour ces populations pauvres qui représentent la frange majoritaire.

L’éducation des enfants  

Une des raisons les plus aptes à expliquer le phénomène des « microbes » demeure l’éducation. Cette denrée si précieuse est le socle de toute société. Lorsqu’un intérêt particulier lui est accordé, ces bénéficiaires ne peuvent que profiter d’un environnement viable. Mais quand l’éducation peine à trouver ses marques dans la société, toutes les composantes de cette société en paient le tribu.

Je crois bien que cette seconde éventualité décrit aisément la situation présente qui peint un sombre tableau de la vie des populations citadines ivoiriennes. Des parents presqu’absents dans le vécu quotidien de leurs enfants, un suivi occasionnel des différentes étapes d’évolution de leurs rejetons, c’est fait pour donner des personnes immatures si je peux me permettre.

Enfant-Côte d'Ivoire

 

Qu’importe le prétexte, ces enfants abandonnés à leur sort ne méritent aucunement d’être responsables d’eux même, à plus forte raison de leurs éducations comme on peut le constater dans la ville d’Abidjan. En cela, je dis que leurs parents sont plus à incriminer qu’eux-mêmes pour les actes de violence qu’ils posent.

Aussi, le laisser-aller qui s’est invité ces dernières années dans le système éducatif ivoirien a donné libre court à une tendance éducative exempt de rigueur et de suivi. Par conséquent, on constate que de plus en plus d’enfants en carence d’éducation familiale choisissent le chemin de la déscolarisation pour se livrer aux réalités d’une vie qui se corse de plus en plus.

La cohabitation avec la violence

La rudesse des conditions de vie dans les quartiers abritant ces « enfants en conflit avec la loi » obligent, comme dans une jungle à se donner les moyens de s’imposer. Ils sont ainsi soumis du fait de leur faiblesse à des aînés sociaux qui ne leur communiquent aucun autre langage que celui de la force et aucune autre voie que celle de la délinquance.

 

Au contact de ceux-là, ces enfants dits « microbes » deviennent malheureusement des émissaires d’actes criminels à la base de lourds préjudices causés à la société.

A côté de cela, le quotidien langagier des populations ivoiriennes est parsemé de violence verbale. Qu’importe le contexte, si ce n’est dans certains cadres (écoles ; administrations ; entreprise ; etc.) où une norme rigoureuse est admise, les échanges entre personnes en Côte d’Ivoire sont trop souvent incrustés d’expression à valeur d’injures.

A priori, c’est rien de mal pour les adultes qui n’y ont vu qu’un autre moyen de plaisanter et se taquiner. Mais que laisse présager cette autre éducation pour les personnes moins avisées, par exemple les enfants ?

On pourrait dire que la violence verbale qui siège dans les propos adultes devient très vite un modèle de communication pour les enfants qui à leur faible niveau de conscience ne trouvent l’essentiel de leur éducation langagière que dans celle des plus âgés sinon des parents.

La drogue et les crises politiques

Un fait majeur qui donne également au phénomène des « microbes » une origine, est la promiscuité observée entre les habitants des quartiers populaires et les acteurs d’activité illicite comme le trafic de drogue.

En parlant sous le couvert des différentes opérations de sécurité menées par la police ivoirienne et la gendarmerie nationale, nous pouvons dire sans risque de se tromper que les quartiers populaires d’Abidjan sont les nids des fumoirs que compte la ville.

Déjà, si nous admettons que le trafic de drogue et les exactions criminelles sous toutes leurs formes vont de pair, nous pouvons comprendre pourquoi ces foyers peuplés de barons de la drogue sont aussi les nids du phénomène des « microbes ».

Pour être plus clair, le leitmotiv de ces actes sanglants ne provient de nulle part que des criminels avisés que sont les trafiquants de drogue et leurs multiples acolytes du crime.

Un autre fait majeur et déclencheur de cette vague insoutenable de violence commise par ces enfants dit « microbes » est sans conteste les crises militaro-politiques qu’ont connu la Côte d’Ivoire. Disons d’une part qu’à travers les scènes de violence qui ont constitué le film de cet épisode de la vie politique ivoirienne, toutes les composantes de la société ont appris de la violence.

Joint à cela, les frustrations des soldats démobilisés (qui ont pour certains rejoint l’industrie du crime), ont arrosé et fait transcender le climat d’insécurité et de violence. Aussi, la circulation des armes, situation occasionnée par cette même crise a donné à ce phénomène de criminalité urbaine, les moyens de son expansion.

Que faire donc contre le phénomène des « microbes » ?      

Avant toute autre mesure, renforcer le dispositif sécuritaire des villes en multipliant les patrouilles policières et de gendarmeries.

Pour traiter du problème de l’éducation, il faut dans le contexte actuel s’engager à promouvoir la construction de centres de réinsertion plutôt que des prisons pour mineur comme le voudrait certains. Entreprendre des mesures contraignantes à l’égard des parents de présumés « microbes » pour les pousser à prendre en main l’éducation de leurs enfants.

Dans cette même perspective, engager toutes les couches de la société à un devoir d’éducateur vis-à-vis des enfants exposés à la psychose participative des activités reconnues aux « microbes ».

Egalement, renouer dans nos établissements d’enseignement avec la rigueur du bâton, qui à l’époque nous a inculqué la conscience du devoir, du respect et surtout de la discipline.

Pour ce qui concerne la cohabitation dans les quartiers populaires, d’individus réputés criminels et d’enfants susceptibles de succomber au charme de la criminalité, la police doit éventuellement jouer son rôle. Il s’agira de démanteler les nombreux fumoirs que comptent ces quartiers grâce à des descentes répétées.

Pour donc soutenir les actions de sécurité, la conscience citoyenne des populations devra être de mèche avec les services de renseignement.

A propos des habitudes de violence émanant des simples membres de la société civile, nous devons nous engager soit sur les réseaux sociaux ou un quelconque autre canal de communication, à véhiculer des appels à devenir des exemples pour nos cadets.

Motion spéciale aux politiques

Me tournant en fin de compte vers les politiques, surtout les dirigeants actuels, je veux demander d’instituer un cadre de dialogue avec ces soldats démobilisés qui hantent la quiétude des ivoiriens. La crise relève du passé et toutes les manifestations propres à elle devraient l’être également. Sinon, qu’une issue favorable soit trouvée aux griefs qui animent la rancœur afin que ces ex-soldats ne se servent plus des enfants pour accomplir leurs desseins.

Le phénomène des microbes est un mal qui touche les ivoiriens, que donc les ivoiriens s’engagent à l’éradiquer sans pour autant affecter le tissu social et peiner davantage les consciences.

Pour comprendre la psychologie des « enfants en conflit » avec la loi dits « microbes », suivez cette vidéo.

#stop_microbes #abidjan-clean