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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement

Les disparités, comme il est du propre de la terre, s’expriment en tout lieu et à tous les niveaux du vécu. Cela est d’autant plus remarquable au sujet de l’eau. Les inégalités d’accès à la ressource, les catastrophes découlant de sa mauvaise maîtrise, les crises liées à son contrôle, les infections et pathologies issues de son impureté…

L’inégalité d’accès à l’eau, un problème qui dure

La liste des insuffisances est longue quand la question de l’eau est évoquée. Selon l’Agence Française de développement, 2,1 milliards de personnes sur les 7 milliards de terriens n’ont pas accès à une eau de qualité. Les répercussions, nous les connaissons. Pénuries, maladies, famine, misère – pour ne citer que ceux là – minent le quotidien de presque un tiers de la population mondiale.

C’est pas tout. Plus de 263 millions de ces personnes parcourent des distances pendant plus de 30 minutes pour se procurer de l’eau (de qualité indésirable en plus).

Encore faut-il relever que pour plus de 800 millions de personnes, les infrastructures de fourniture et de distribution d’eau sont à prévoir. Bref. Je ne veux aucunement alerter de plus belle, car assurément le monde, sinon ceux qui s’intéressent à la question de l’eau le savent déjà.

L’exposition sur l’eau

Ce mardi 10 avril 2018, une exposition de photos que j’ai contribué à organiser faisait un état des lieux de la précarité des conditions d’accès à l’eau et des dégâts environnementaux recelant de l’insuffisance des ouvrages d’assainissement. Pour être franc, certaines photographies ont choqué ma sensibilité.

Lire aussi: L’AFD initie une exposition photos pour sensibiliser sur l’eau

Je voudrais les partager avec vous, et traduire chaque cliché pour expliquer comment certains vivent leurs situations d’adaptation dans certaines parties du monde.

Première séquence (Exposition sur l’eau)
Tanzanie- Point de distribution d'eau
Tanzanie- Point de distribution d’eau, Crédit: AFD, Photo libre de droit
Bengladesh- Pompe commune de distribution d'eau
Bengladesh- Pompe commune de distribution d’eau, Crédit: AFD, Photo libre de droit

En Tanzanie et au Bangladesh, comme dans plusieurs régions du sud, le réseau d’adduction d’eau peine à se densifier. Soit pour cause d’inaction publique, soit par insuffisance des ressources en eau.

Quelques fois, cette situation peut s’expliquer par la pauvreté qui prive certaines bourses du privilège de s’abonner au réseau public de distribution d’eau. Pour répondre donc aux besoins en eau, les ménages se partagent des points d’approvisionnement, où l’eau est distribuée à la mesure des pouvoirs d’achat des populations.

Dans certaines communes d’Abidjan en Côte d’Ivoire, les seaux comme celui sur la première photo sont remplis en échange de 25 FCFA soit 0,03 euro.

Seconde séquence (Exposition sur l’eau)
Burkina Faso- Une femme à vélo transporte de l'eau d'un point de distribution à son ménage
Burkina Faso- Une femme à vélo transporte de l’eau d’un point de distribution à son ménage, Crédit: AFD, Photo libre de droit
Kenya- Un homme sortant de son bain d'un kiosque à eau
Kenya- Un homme sortant de son bain d’un kiosque à eau, Crédit: AFD, Photo libre de droit

Les photos ci-dessus parlent extrêmement et invitent la société tout entière à une réflexion prospective. Du moins c’est ce que je pense. La première photographie, prise au Burkina Faso, montre une jeune dame à vélo transportant plus de 120 litres d’eau pour ravitailler son ménage.

Figurez-vous que ce trajet, elle le répète au quotidien, toujours pour la même quantité d’eau (et souvent plus), pendant et après les saisons favorables. Rappelons que le Burkina Faso est situé dans la zone subsaharienne, plus précisément dans le Sahel.

L’autre photographie dresse un état des lieux d’une situation tout aussi habituelle que la première. Là, nous sommes au Kenya où des opérateurs informels ont trouvé des solutions à la pénurie d’eau dans les ménages. Les « kiosques à eau » comme on les appelle, sont des salles de bain publiques aux conditions d’hygiènes pas très enviables mais de tout de même bénéfiques.

A la disposition d’une clientèle de tous genres et de tous âges, les tenanciers des « kiosques à eau » fournissent aux populations des solutions rapides pour leurs besoins naturels avec des quantités d’eau à la juste mesure des exigences.

La question de l’eau pour ma part

Pour moi, l’eau est une ressource incontournable et le simple fait d’envisager sa pénurie est égale à souhaiter sa fin. Pendant qu’à un bout du monde certains prennent plaisir à son abondance, des milliers voire des millions de personnes donneraient tout pour ne serait-ce qu’un litre d’eau par jour.

Je crois aussi que, qu’importe la parcelle du monde de laquelle nous jouissons, les problèmes liées à l’accès à l’eau et les difficultés connexes devraient inciter notre humanisme à l’action collective.

« L’eau, nous l’avons en commun, mais nous en profitons inégalement. Triste réalité, et plus triste encore les peuples sans eaux » 

Pour voir l’exposition dans son intégralité, vous pouvez visiter la galerie Cap Sud Art  jusqu’au 11 mai 2018, en Abidjan (Côte d’Ivoire) ou voir les photos via le lien suivant https://bit.ly/2udfxos