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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement

Ces dernières semaines en Côte d’Ivoire, des vagues successives de revendications dans l’enseignement supérieur ont fait état de crises à répétition. 

Au compte de ces revendications subsiste à ce jour un quiproquo à l’issue incertaine, qui suscite au sein de l’Université Alassane Ouattara (UAO) un désaccord profond entre les instances administratives et estudiantines. Il s’agit d’une mesure nouvelle d’exclusion, sinon d’expulsion, des étudiants non-inscrits au titre de l’année académique 2016-2017, des examens de fin d’année.

Selon l’administration de l’Université Alassane Ouattara, représentée par le Professeur Lazare Poamé, cette réforme émanant du ministère de l’enseignement supérieur répondrait à une nécessité de maîtriser les effectifs étudiants, afin de mieux orienter les décisions mélioratives du système éducatif ivoirien.

Une décision qui, à voir de près, n’a pas croisé le consentement des structures syndicales de l’espace universitaire, notamment celui de la ville de Bouaké.

 

Le CEECI monte au créneau !

 


Dans ce contexte, et aux fins d’éclairer la lanterne des étudiants et d’attirer l’attention des autorités gouvernementale ; policière et universitaire sur les dessous de la situation de trouble qui plane sur les campus universitaires, le Comité des Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (CEECI) a tenu ce lundi 18 septembre 2017 à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké une conférence de presse. Les étudiants, en grand nombre, ne se sont pas fait prier pour honorer de leur présence ce grand rendez-vous qui de facto porte l’insigne d’un intérêt commun.

Dès 8H, la mobilisation se fait vivement sentir, et aux environs de l’heure prévue (10H), le campus 2 de l’UAO vibre aux sons du Zégrémanyo[1] traditionnel des camarades syndicalistes du CEECI.

Etudiants-ceeci

Etudiant-ceeci

Les grands points de la conférence

A l’entame de la conférence à 10h45, le premier responsable du CEECI, Traoré Karamoko, a tenu d’entrée de jeu à saluer la présence des autorités policières représentées par le commissaire Guy Capo , de la presse (dont je faisais partie), ainsi que les structures syndicales sœur associées dont la Coordination Nationale des Enseignants Chercheurs (CNEC) représentée par le Docteur Bakayoko.

CNEC
Le secrétaire national du CEECI, avec à ses côtés, les autorités policière et syndicale de la CNEC

Poursuivant son allocution, Traoré Karamoko, dit national T.K, a fait mention d’une «réhabilitation partielle » et d’un «équipement partiel » des universités ivoiriennes à leur réouverture en 2012, dénonçant cependant les reformes biaisées entreprises par les autorités ivoiriennes dans leur volonté d’adoption du système LMD sensé redorer le blason de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

Nonobstant cet état de fait, le secrétaire national du CEECI a témoigné des capacités d’adaptation de ses condisciples, qui au milieu des conditions précaires qu’offrait le système, ont su se frayer un chemin vers la réalisation de leurs objectifs, sans toutefois se plaindre vigoureusement des difficultés qu’ils vivaient au quotidien. Au nombre de celles-ci, il a souligné entre autres :

  • Les pratiques autoritaires et les décisions unilatérales de l’administration universitaire ;
  • Le manque d’implication véritable des étudiants dans la gestion de l’Université Alassane Ouattara ;
  • Les retards abusifs observés dans le paiement des secours financiers et des bourses ;
  • Les coûts élevés des inscriptions et les divers frais de pénalité s’appliquant aux inscriptions retardataires.

Sur ce dernier point, le balbutiement des négociations pour les coûts et conditions de paiement devant être profitables aux étudiants, a fini par accoucher d’une mesure aussi autoritaire qu’irrévocable, celle de l’exclusion des étudiants non encore inscrits, aux sessions d’examen.

Malgré les multiples plaidoiries et grèves des syndicats estudiantins de l’UAO, l’administration universitaire semble camper sur sa position, laissant présager aux premiers, de n’être que des interlocuteurs d’un dialogue de sourds.

Pourtant, à croire les mots de Traoré Karamoko, 95% des 16 076 étudiants de l’Université Alassane Ouattara seraient déjà inscrits au titre de cette année universitaire. Aussi, rappelant le paiement des secours financiers jusque-là non-honoré par l’administration, le secrétaire national du CEECI justifie le retard des inscriptions chez certains des 5% d’étudiants non-inscrits. A propos, il signifiait que:

 « Nous sommes pour le changement, mais que l’Etat assume sa part de responsabilité à notre égard ».

Pour finir, le secrétaire national Traoré Karamoko, au micro de votre blogueur (moi-même) a réaffirmé son désir de résoudre promptement la situation par le dialogue avec l’administration, faute de quoi, la solidarité du CEECI ne ferait défaut aux camarades non encore inscrits. A ce sujet, il traduisait catégoriquement la solidarité de sa structure en ces mots :

 « Il n’est pas question pour nous d’abandonner un camarade étudiant ».

Toutefois, en réponse à l’éventualité d’une année blanche qui prévaudrait si rien n’est fait, Traoré Karamoko rassure :

« Nous sommes convaincus qu’on peut sauver l’année, et on va sauver l’année… ».

CEECI

Les jours prochains, si l’on s’en tient à l’optimisme de notre conférencier du jour, verront certainement un climat plus viable dans les universités ivoiriennes, et partant dans les établissements d’enseignement secondaire aussi menacés par le tumulte des revendications.

Crédit photos : Luc Kouade

 

Mes remerciements vont à l’endroit de :

  • Traoré Karamoko, secrétaire national du CEECI
  • Diomandé Ben Moustapha, secrétaire national à l’organisation du CEECI, qui a bien voulu m’inviter à cette conférence de presse
  • Singo Gba Jean-Claude, secrétaire à l’information du CEECI, section Wambo

 

 

 

[1] Chants et danses d’affirmation des mouvements syndicaux estudiantins en Côte d’Ivoire