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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement
Lundi 10 septembre 2018. Date officielle de la rentrée des classes en Côte d’Ivoire. L’atmosphère est à l’euphorie des revendications syndicales comme le système éducatif ivoirien s’en est accoutumé depuis des décennies.
Ivoire Intellect-éducation nationale
Photo: AbidjanTV

La raison : une augmentation des frais de scolarité dans le primaire. On se plaint donc que les frais de scolarité, fixés, d’après l’arrêté n°0106 du 17 octobre 2011, à 6 000 FCFA aient augmenté de 15 000 FCFA, soit 21 000 FCFA à payer comme droit d’inscription au primaire, au titre de l’année académique 2018-2019.

A Bouaké, le Comité des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Ceeci) est monté au créneau le 10 septembre 2018 (jour J de la rentrée) pour interdire tout simplement le premier jour de classe. Le lendemain à Abidjan, c’est la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) qui a pris le relais pour imposer à la capitale économique son traditionnel ballet de « jets de pierres » et de désordre public.

En fin de compte, la rentrée scolaire n’a été effective, comme l’aurait souhaité la société civile ivoirienne sur l’ensemble du territoire national. Plusieurs villes se sont démarquées du spectre de grève qui prévalait, mais dans l’ensemble on retiendra une rentrée des classes contestée. À qui la faute?

À qui la faute?

Les revendications des différents syndicats d’élèves et étudiants s’adressaient visiblement au gouvernement ivoirien, duquel ils ont exigé le respect de l’arrêté, portant fixation des frais d’inscription dans l’enseignement primaire public. Or de son côté, le gouvernement ivoirien explique que ces augmentations ne relèvent aucunement de ses responsabilités.

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Et pourtant, plus de 5000 enfants n’ont eu droit à leur premier jour de classe.

Faut-il imputer cela au gouvernement ivoirien, qui d’entrée de jeu n’a situé les responsabilités quant à l’augmentation progressive (au fil des années académiques) des frais d’inscriptions?

Ou est ce qu’il faut tirer les oreilles aux agitateurs de la Fesci et du Ceeci, qui – peut-être – au gré de l’euphorie, ont causé des embrouilles sans comprendre le fonctionnement des choses?

Le COGES en Côte d’Ivoire

De tous les schémas d’explication et de compréhension possibles, le COGES (Comité de gestion des établissements scolaires) n’est pas à exclure du lot des responsables connus de cette situation que subit l’école ivoirienne.

Les Coges, entités qui perçcoivent le surplus (15 000 FCFA) des frais d’inscription, fixent ceux-ci selon les besoins (techniques et d’équipements) des établissements d’enseignement public en Côte d’Ivoire. Cependant, leur fonctionnement semble ne pas être connu, sinon, apprécié des syndicats et parents d’élèves.

En dépit de la situation et de son corrolaire de grèves qui, à chaque année académique pénalisent le système, aucune mesure significative n’est encore prise pour le dénouement (une fois pour toutes), des crispations érigées désormais en normes.

Les manifestations de la rentrée scolaire ont sonné l’entame des grèves, et le ballet se poursuivra – certainement – jusqu’à la date prévue des vacances scolaires. Programmes achevés ou pas, le fait est dorénavant participant de la routine et c’est aux élèves de s’y accomoder.