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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement

« La joie d’avoir obtenu le BAC, se transforme en soucis sur le campus ». Les paroles de cette chanson, générique de la série Campus disait donc vrai?

Plutôt, quand nous étions encore au secondaire, nous partagions tous l’ambition de faire des études supérieures à l’université. Après donc l’étape  du baccalauréat, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous abordions le campus et toute la chaleur qu’elle avait à offrir.

Bienvenu sur le Campus !

 

Amphithéâtre de l’Université Alassane Ouattara

La vie dans les débuts était belle, faut le dire, car les « monnaies de voyage » [1]répondaient encore aisément aux besoins des jeunes étudiants que nous étions.

Sans esprit de gestion et fraîchement dérobés au gîte des parents, c’est plutôt cette pseudo-indépendance, gage d’un libertinage sans précédent qui attisait notre joie. Dorénavant, plus personne ne nous imposerait des restrictions en matière de conduite. N’était-ce pas le bonheur ? Peut-être.

Bonheur très vite passé à la nivaquine. En seulement quelques semaines, les finances étaient à zéro en raison du rythme de vie accéléré que nous vivions, et vu nos statuts de novices, fallait soit recourir aux parents pour certains ou « se chercher » [2]pour d’autres.

C’est là le point de départ de l’aventure estudiantine!

A partir de là, chacun empruntait le chemin qui selon lui, le mènerait à sa destinée promise ou du moins à la réalisation de l’objectif fixé dès avant de quitter le toit familial.

Ceux parmi nous qui avaient le courage et les aptitudes aux grouillements[3] se ruaient très vite dans la ville pour trouver de quoi arrondir les fins de mois. Ceux par contre qui prenaient gout à la facilité s’adonnaient à maintes entreprises avec le même but, avoir coute que coute les moyens de leurs pitances.

Du côté des mâles, rien d’odieux à signaler à part que certains s’adonnèrent plus tard à la drogue. À ce sujet, il faut dire que les mauvaises compagnies et surtout le suivisme de la tendance ont été de mise. A part ça, rien de grave.

En outre, certaines des jeunes dames, loin d’être identiques aux premiers, ont de jour en jour dégringolés en accordant à la débauche des prétentions bien plus rémunératrices et déshonorables.

Le commerce du sexe

 

Une ou plusieurs relations prétendues amoureuses pour de l’argent ; relations adultérines, bizi et si tout cela ne suffisait pas, elles passaient à la vitesse supérieure aux coins des rues de la ville sous les manteaux de prostitution.

Elles faisaient ainsi le trottoir pour trouver de quoi survivre. Quoi qu’il en soit, et qu’importe les raisons qu’elles évoqueront, la prostitution n’est pas un dernier recours sauf si l’on adhère au défaitisme.

Plus tard certaines d’entre elles, abandonnèrent les études tandis que les autres s’assagissaient pour s’adonner à des petits commerces et autres activités lucratives plus juteuses subordonnées aux études.

Comme pour dire que le vent de l’insouciance est passé et n’est plus prêt de souffler à nouveau.

A présent plus aucun détour possible,

Cap sur l’objectif de départ, à savoir, obtenir son diplôme de fin de cycle pour enfin affronter les réalités du monde professionnel. Cependant, cette ambition n’est partagée de tous, non en raison d’une volonté prononcée mais à cause d’attitudes incompatibles aux objectifs.

Alors que plusieurs s’adonnaient à la bosse pour espérer tirer leurs épingles du jeu des sessions universitaires, une masse se distinguait de tous. Je veux parler des soi disant syndicalistes qui au gré d’arguments contraires à leurs actes œuvraient à la violence en recouvrant de honte toute la sphère éducative ivoirienne.

Syndicaliste en marche sur le campus
Syndicaliste en marche sur le campus

 

 

Leurs actes de barbarie ne sont plus à décrier car connu de tous en Côte d’Ivoire, et les victimes, étudiants comme enseignants gardent jusqu’à ce jour des séquelles d’agressions et de lynchage. Une véritable jungle estudiantine grâce à ceux là.

Dieu merci, cette forme d’animosité n’est pas partagée par une frange majoritaire et c’est là, une lueur d’espoir pour cette génération de relais. Enfin, retenez que cette séquence aussi palpitante de l’aventure au campus n’est pas à jauger qu’en négation, pour autant qu’elle renferme un tournant crucial de nos vies.

Pour finir comme toute bonne histoire, il faut honnêtement reconnaître que ce tournant de la vie au campus a son côté fascinant et tout de même nostalgique. Mais c’était comme nombre d’étapes de la vie, un passage et fallait donc se contenter d’y passer.

Alors, je dis Bye Bye…     

[1] Argent de poche, donné par les parents pour s’assurer pendant un certain temps

[2] Trouver soi-même les moyens de sa subsistance

[3] Quête de petits boulots et prise d’initiatives pour se trouver une place au soleil