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Luc Kouade
Géographe de formation, le numérique est l'âme de mon génie. Quand il est question de développement et de progrès collectif, je ne ménage aucun effort pour me montrer disponible. Le blog pour moi, est une réelle passion que je fais vivre entre temps libre et activités scientifiques. Bonne lecture à vous. Amicalement

Le développement, si l’on croit ses attributs, est la quête du monde la mieux partagée. Il est d’autant plus partagé, que les intérêts géopolitiques des uns et des autres semblent se frayer un voie unique vers sa réalisation. Ce n’est certainement pas le village planétaire qu’est devenu notre monde qui en dira le contraire.

Bien avant les premières heures d’indépendance en Côte d’Ivoire, les politiques d’aménagement – menées par les colons français – avaient consenti au développement des territoires. Un combat mené tant bien que mal par les politiques post-indépendances. Une quête de la cité idéale ivoirienne.

Allez comprendre par là, de meilleures conditions de vie pour les populations rurales et urbaines ; des infrastructures durables de qualité ; une population nationale majoritairement scolarisée ; un système sanitaire en phase avec les exigences de santé ; une couverture sociale offrant aux moins nantis le minimum pour vivre, etc. La liste est exhaustive.

Depuis le 28 juin 2012, la réalisation de ce monde idéal repose sur une trilogie de lettre : CDD (Contrat de désendettement et de développement) ou C2D pour le grand public. De quoi s’agit-il ?

Le C2D en bref

Pour faire comprendre le C2D aux moins assidus des politiques économiques, disons que c’est une dette remise à la Côte d’Ivoire, dont l’équivalent de la somme lui est versé comme fonds publics pour financer son développement. Le citoyen ivoirien comprendra mieux quand je dis c’est « l’argent de PPTE ».

De l’argent destiné à financer le développement. Un développement dont les initiatives sont sensées être suivies et orientées selon les besoins des populations et les orientations gouvernementales.

Ceci dit, en Côte d’Ivoire, le C2D s’est penché depuis 2012 sur sept secteurs de développement. Lesquels sont financés pour un coup global de 1900 milliards de francs CFA, reparti en deux périodes.

Le premier C2D : de 2012 à 2015, d’un montant total de 413,25 milliards de francs CFA (Déjà épuisé).

Le deuxième C2D : De 2014 à 2020 (année prévue pour l’émergence économique de la Côte d’Ivoire), qui s’élève à 738 milliards de francs CFA (fonds en utilisation).

Les sept coups de l’émergence avec le C2D

Si la Côte d’Ivoire, depuis 2011, a fait le pari de l’émergence économique à l’horizon 2020, il n’en demeure pas moins que sa stratégie de développement repose sur le potentiel économique du C2D. Un contrat qui jusque là a engagé pour le développement en Côte d’Ivoire, plus de 1000 milliards de francs CFA.

Ses initiatives, comme annoncé plus haut, repose sur 7 secteurs de développement que sont :

  • L’agriculture, le développement rural et l’environnement
  • Le développement urbain ; l’eau et l’assainissement (2 secteurs complémentaires)
  • L’éducation-formation-emploi
  • La santé
  • La justice
  • La sécurité

Sur ces secteurs de développement, repose l’essentiel de l’investissement économique du C2D. C’est ce que j’appelle les sept coups de l’émergence ivoirienne. Je vous invite donc à en faire un tour d’horizon !

L’agriculture, le développement rural et l’environnement

Pour ce secteur pilier de l’économie ivoirienne, les deux contrats C2D ont déployé à ce jour, 134 milliards de francs CFA. Un investissement qui s’est traduit par un appui financier et technique aux agriculteurs et structures associées au développement rural.

Ce sont par conséquent 90 000 actifs du monde agricole qui ont reçu des équipements (arrosoirs, intrants, semences améliorées, etc.). 6000 km de pistes ont été réhabilitées dans les zones rurales et 1400 ha de surface cultivées, améliorées.

La préservation de la biodiversité a constitué également un point d’honneur de ce chapitre d’investissement du C2D.

Le développement urbain, l’eau et l’assainissement (deux secteurs combinés)

De la rénovation à la construction d’infrastructures routières en passant par la densification du réseau d’adduction d’eau potable, ce « coup de l’émergence » participe de 359 milliards de francs CFA aux budgets des deux C2D.

Les grands ouvrages dont le Pont HKB et les subventions sur l’abonnement aux réseaux d’adduction d’eau en constituent certaines des réalisations. En chiffres, on peut noter 540 km de bitume, 220 km de routes renforcées et 15 ponts bâtis et rénovés.

Le réseau d’adduction d’eau potable s’est étendu à 23 000 nouveaux ménages pour 100 000 m3 par jour.

L’éducation-formation-emploi

Pour un coût global de 209 milliards de francs CFA, ce secteur aux multiples branches a connu une véritable mutation, notamment pour ce qui est de l’accroissement de l’effectif scolaire en milieu rural. A ce titre, 100 000 nouveaux collégiens proviennent chaque année des milieux ruraux.

Dans l’enseignement primaire et maternel, notons 23 000 nouvelles places. La réhabilitation des universités ivoiriennes et grandes écoles publiques sont à l’actif de ce portefeuille.

L’enseignement technique et la formation professionnelle ont connu également des réformes après la construction et la réhabilitation de 12 centres de formation. Concernant l’emploi, le C2D a pourvu à l’accompagnement et la promotion de l’auto-emploi, au profit de 50 000 jeunes de Côte d’Ivoire.

La santé  

Au fil des deux C2D, le secteur sanitaire, l’un des plus cruciaux au développement d’un espace, a drainé 107 milliards de francs CFA. Un investissement destiné à l’optimisation de la politique ivoirienne de planification familiale, l’amélioration de l’offre de soins et le renforcement du secteur commercial des produits pharmaceutiques.

Le bilan en chiffres du secteur sanitaire s’établit comme suit : plus de deux (2) millions de femmes et enfants touchés par la couverture sanitaire, 70 dispensaires urbains et ruraux équipés après réhabilitation, et plus de 500 000 personnes formés à la planification familiale.

La justice

La justice en Côte d’Ivoire s’est vue également impactée par le C2D à hauteur de 56 milliards de francs CFA.

De cette somme, 6 établissements judiciaires et pénitenciers ont vu le jour. Plus de 3500 actifs du milieu judiciaire ont été formés et un peu plus de 100 000 personnes ont participé aux programmes de sensibilisation au respect des droits humains.

La sécurité

Le domaine sécuritaire a connu pour sa part un financement amenuisé à l’issue des deux C2D. Jusqu’à maintenant, 20 milliards de francs CFA ont été injectés pour réformer le secteur de la sécurité.

Cet investissement a consisté pour l’essentiel, à conduire des études visant à mettre en exergue le schéma sécuritaire ivoirien. Lequel, aux sorties d’une décennie de crise, laisse transparaître des remous sociaux et des craintes quant à l’avenir.

Après le bilan du C2D, place aux impressions

Sans conteste, le C2D ivoirien a su faire montre d’une aptitude poussée au développement des infrastructures. Les bilans chiffrés, ainsi que le constat sur le terrain en ont démontré l’effectivité.

Ceci dit, les exploits semblent ne pas attirer les acclamations de toutes parts. Le C2D ivoirien, comme l’ont laissé entendre les représentants des sociétés civiles ivoiriennes et françaises, « a trop souvent la couleur du béton et l’odeur du goudron ».

Les plus démunis en Côte d’Ivoire, si l’on croit les représentants des sociétés civiles, ont besoin de ressentir les lourds investissements du C2D dans leurs assiettes. Sans quoi, la grogne sociale ne saurait faire place au satisfecit du développement infrastructurel ivoirien.

Un équilibre dans la satisfaction des besoins s’impose. Quand bien même les œuvres, sinon chefs d’œuvres pour certains, sont réalisés au profit des populations, le quotidien de celles-ci requiert pour sa survie, du pain.

Il ne s’agit pas d’aumône, mais d’une redistribution équitable des produits de la croissance économique dont la moyenne depuis 2012 est de 8,5%. Une hausse de l’indice ivoirien de développement humain (IDH) qui aujourd’hui se positionne au 172e rang sur 188 pays.

 

A présent, découvrez en images, certaines des réalisations du C2D, de 2012 à aujourd’hui…

NB: Les chiffres relatifs au C2D proviennent du Secrétariat technique du C2D / Les autres chiffres sont issus des rapports économiques du gouvernement ivoirien et de l’ONU.